On se souvient du film de Buñuel, « Cet obscur objet du désir » inspiré du roman de Pierre Louÿs, La femme et le pantin. C'est par un retour sur ce film que Gérard Bonnet nous introduit à ce petit livre collectif. Il relève que Buñuel a dans ce titre pointé les deux caractéristiques essentielles du désir en tant qu'il pose la place centrale de l'objet et qu’il caractérise cet objet par la difficulté à le cerner : son obscurité.

Avec Gérard Bonnet mais aussi un peu plus loin avec Monique Schneider nous sommes invités à revenir sur le premier rêve que Freud ait interprété dans son Interprétation des rêves (page 98 à 112) : L'injection faite à Irma. Le rêve révèle le désir de Freud de compenser les sous-entendus déplaisants de son ami Otto et de le mettre à son tour en difficulté. L’analyse fouillée que Freud en donne conduit à une conclusion sans appel : « Après complète interprétation tout rêve se révèle comme l'accomplissement d'un désir ». On serait amené aujourd'hui à nuancer quelque peu cette affirmation.

Monique Schneider élargit le travail d'interprétation de ce rêve par quelques questions : De quelle nature est l'injection ? Erotique ou médicale ?

Qui a des problèmes dans la gorge Emma ou Freud ?

Quel est le médecin mis en cause Otto ou Fliess dont Freud a été le patient ?

Un peu plus loin dans l'ouvrage Marjolaine Hatzfeld nous propose de rechercher ce qu'est devenu le désir chez Lacan : la satisfaction subjective qui relaye la satisfaction pulsionnelle.

À nouveau Lacan avec P.L.Assoun qui cite le Séminaire : « La seule chose dont on puisse être coupable, au moins dans la perspective analytique, c'est d'avoir cédé sur son désir», Pour introduire à la distinction essentielle entre envie et désir : le désir pose l'objet pour soi et sur le mode du manque.

L'ouvrage se termine par une nouvelle contribution de Gérard Bonnet qui à travers quelques illustrations cliniques montre comment l'idéal peut être vecteur du désir.